Bien reposés, nous abandonnons le lac Malawi , pour y retourner coté Mozambique. Mais avant de continuer plus avant sur les routes, il nous faut coûte que coûte réparer cette roue dégonflée. Pas de ville avant des km. Nous nous arretons dans un village, chez un petit gars assis devant un mur de vieux pneus. Il n’est pas équipé dernier cri (une mechante trousse a outils cassee, un marteau, un couteau, un peu d’huile et des chiffons sales) mais dit pouvoir faire quelque chose… Il faut démonter le pneu (c’est-à-dire séparer le caoutchouc de la gente). Le pauvre s’y attelle avec un marteau et une tige en fer en guise de demonte pneu. Il sue, s’y donne a fond mais c’est pas facile… Puis il faut poser une rustine a l’intérieur de la bande roulante et enfin remonter le pneu, et le regonfler. Ce qui est loin d’être évident quand on n’a … qu’une pompe a main ! Bilan : 2h30 mais du bon travail ! Nous pouvons continuer vers la frontière. Plutôt facile. Nous sommes seuls au poste, ça écourte les démarchés. Nous remettons en pratique nos bases de portugais, presque un an après notre apprentissage brésilien.
Les berges du lac (ici appelé Niassa) coté Mozambique sont beaucoup plus sauvages. Nous arrivons a Lichinga en fin de soirée. C’est la ville la plus importante de ce bout du monde : la province de Niassa, au nord ouest du Mozambique. Tellement reculée et sauvage qu’elle n’a reçu la première visite présidentielle de son histoire qu’en … 2006 ! Autant vous dire que Lichinga ne fait pas rever… Les distributeurs de banque sont a sec, il n’y a pas internet et… pas de camping. Nous échouons a la nuit dans un camping désaffecté un peu glauque. Pas d’eau, pas d’électricité. Un petit gars nous apporte de l’eau chaude dans un bidon pour une douche sommaire dans l’obscurité derrière Silverback. Il est plutot bizarre, insiste beaucoup pour que « nous dormions sur nos deux oreilles » bref… un peu louche. Nous mangeons rapidement et montons nous coucher dans la tente… pour ne dormir que sur une oreille ! Ya beaucoup trop d’allées et venues dans ce coin paume pour que ce soit tout a fait « catholique »… Au milieu de la nuit, nous prenons le parti de descendre finir la nuit enfermes dans Silverback…
Le lendemain matin, nous partons tôt pour affronter la mauvaise piste qui remonte le lac (rive est) jusqu’à Cobue, juste avant la Tanzanie. Les paysages sont magnifiques et la route rude. Il faut franchir d’épineux passages rocheux, négocier la trajectoire dans du gravier profond, descendre, remonter, traverser de nombreux ponts de rondins instables. Les pneus en prennent plein la tête et l’arrière de la voiture tape sur le sol bien trop souvent a notre gout, faisant voltiger lourdement tout le chargement à l’intérieur. Au bout de 5h30 de bataille, nous atteignons enfin Cobue. Qui n’est qu’un petit village de huttes assemblées le long d’une plage, sur le lac. Nous devons nous rendre sur l’ile de Licoma, a quelques encablures a voile de la. Mais Greg a autre chose en tete ! Il a réservé une nuit dans un eco lodge de luxe, pour mon anniversaire (je me disait bien que les muffins pouvaient cacher quelque chose de plus gros ! J Le Miss Nkwitchi, le bateau a moteur du lodge, nous attend sur l’eau. Nous garons SB sous la surveillance du bar de la plage, attrapons nos sacs, quelques provisions (il est 15h et nous n’avons pas encore pris le temps de manger) et sautons a bord. Le lodge est a 1h de navigation, accessible uniquement par la mer. Les deux employes qui nous accompagnent n’ont manifestement pas l’habitude de recevoir des clients qui s’inquiètent du prix du transfert, se baladent avec des sacs a dos et des fringues un peu fatiguées, et pic-niquent sur leur bateau d’un bout de fromage et de cracottes ! Les backpackers font du tourisme de luxe :-)
Pas mal le Nkwichi Lodge non ? Une pensee pour Brigitte et Philippe... :-)
Nous débarquons sur une longue plage de sable blanc et d’eaux turquoises. On nous conduit a notre bungalow : roc, bois, chaume, toilettes et sdb extérieures. La classe…. Y a plus qu’a profiter !
Snorkelling dans les eaux calmes du matin (le lac est un aquarium d’eau douce), balade dans les hauteurs, farniente., canoe, apero sur la plage au coin d’un grand feu, petit dejeuner dresse face a la mer, le temps passe vite et plutot agréablement…. Ah il est bien bon de se laisser dorloter, de ne pas avoir a faire ni la cuisine ni la vaisselle, et pas même la lessive ! Et pour achever de nous donner bonne conscience, le lodge est un modele de tourisme durable, parfaitement intégré à la fois dans son environnement et dans la communauté locale.
Mais le paradis est de courte durée (en fait de durée proportionnelle a l’etat de nos finances J. Le Miss Nkwitchi nous redepose sur la plage de Cobue, a 18h le lendemain. Nous retrouvons SB… a plat ! Nous installons le camp pour la nuit.
Le bateau de pécheurs qui doit nous emmener jusqu’à Licoma part a 6h le lendemain. L’ile appartient au Malawi, malgré sa situation du cote mozambicain du lac. Il nous faut donc refaire les formalités. Mais sans la voiture, c’est plus facile… Un tampon de sortie dans la cabane qui sert de poste d’immigration et c’est parti ! Femmes colorées, fagots de bois, poules, nous ne sommes pas les seuls à nous rendre à Licoma. 3 rameurs s’escriment pour trainer plus de 20 personnes. Il nous faut près de 2 heures pour traverser et debarquer sur l’ile. Il est 8h du matin et le soleil est deja insoutenable. Les sacs au dos, il nous faut parcourir a pied les 2km qui nous séparent du village principal pour aller au poste d’immigration et valider notre entrée au Malawi. Nous sommes en nage, à la limite de la surchauffe. La seule auberge du coin est de l’autre cote de l’ile, a 2.5 km. Plus la force d’y aller a pied…Renseignements pris, sur les 2 ou 3 voitures de l’ile, 2 font du taxi au noir : l’ambulance et la voiture de l’Unicef ! Pour cette fois ce sera l’ambulance, et a travers des sentiers tellement defonces qu’ils doivent finir d’achever les blesses quand il y en a !
Vues et scenes de vie sur Licoma Island, et notre petit bout de plage
Nous voila enfin sur la petite plage, isolée et sauvage du Mango Drift. Un bar ombrage, des bougainvilliers en fleurs, 4 ou 5 bungalows de bambou et les eaux turquoises du lac. L’ile est tellement isolée qu’ici la population a conserve un mode de vie traditionnel, et n’est pas encore pervertie par le tourisme. Pas de vol, pas de harcèlement et une vraie curiosité amicale. Pendant nos balades sur l’ile et dans le village, l’accueil est souriant, chaleureux. Nous passons deux bonnes heures a jouer, dessiner et chanter avec les élèves de l’école, et de bons moments a jouer au bawo (un peu comme le jeu d’ échecs de l’Afrique) avec les plus grands. Nous saluons les gens dans leur dialecte local, ce qui nous vaut comme toujours un franc succès.
3 jours passent et nous reprenons une barque de pécheurs pour récupérer SB et parcourir les 5h30 de mauvaise piste retour jusqu’à Lichinga. Peu désireux de retenter l’expérience dans notre « faux » camping, nous tentons une autre option : négocier de camper sur le parking d’un des deux hôtels de la ville. Option pas tres sexy puisqu’on finit toujours un peu pres des poubelles dans ces cas la, mais nous n’avons pas d’autre choix. Au moins pouvons nous demander a avoir un seau d’eau pour la douche ! Une assiette de pâtes derrière SB et au lit !
Notez cet article
Lien permanent vers cet article
Mots-clés
Avion Long séjour Semaine Monde une Cultures & découvertes Mer et Soleil Jeunes Couple Famille Séniors Prix moyens Haut de gamme Farniente Circuits et excursions















