Rebonjour tout le monde Me voici enfin de retour du Mozambique après un voyage exceptionnel !
Je ne sais par où commencer devant l’étendue des évènements et des émotions aux travers desquels nous sommes passés. Nous sommes en effet partis à quatre pour un vol le Cap – Joburg.
Location d’une voiture (la golf Chico, la voiture de l’étudiant sud-africain) pour rejoindre le Mozambique et la plage de Tofo en passant par Maputo. Vous pouvez d’ailleurs retrouver les nombreuses photos du périple. Alors voila sur le trajet aller nous avons couvert 900 km en roulant de 9h du matin à 20h.
Il faut en effet savoir que dès que l’on rentre au Mozambique les routes commencent sérieusement à se détériorer (en témoigne deux photos de l’état de la route) et plus l’on avançait vers Inhambane (ville côtière où se trouve la plage de Tofo), plus la circulation devenait difficile avec des trous de 50 cm à 1 m dans la route. Un peu de slalom qui m’a rappelé les jeux vidéo de mon adolescence et le tour était joué.
Arrivé à Tofo, impossible d’aller au Backpackers (Auberge de Jeunesse) où nous avions réservé car elle se trouve au bout d’une piste inaccessible sans 4x4. Nous avons donc commencé l’esprit débrouille qui allait se révéler très utile au cours du voyage. Stop pour se faire prendre par des Bakkies (pick-ups) et arrivée au Lodge, loin de tout.
Tout au long de la route, la pauvreté est manifeste avec des habitats dégradés et de nombreuses huttes. Le temps semble s’être arrêté au lendemain du départ des Portugais et la guerre civile qui a ravagé le pays pendant 25 ans jusqu’en 90 a crée de nombreux dégâts.
Le Mozambique se redresse doucement, avec un milieu politique stable et une vraie démocratie mais les progrès à faire sont encore énormes. Le pays grouille donc de monde. Tout le monde se déplace à pied et traverse à tout va. Il faut donc faire très attention.
Le paysage est très beau et contraste avec la forte saleté et la poussière des villes. Une fois arrivé au bout du monde, nous avons pu prendre possession de nos chambres (un lit et une moustiquaire pour chacun) et des sanitaires communs à tout le monde. Il faut ici préciser que pour le standard occidental il faut repasser car la douche est un bac sans lumière où coule de l’eau froide. Les moustiques sont très présents (pays à forte malaria) et il faut donc prendre des précautions d’usage.
Mais voila pour les détails insignifiants car c’est à ce moment qu’a véritablement commencé notre voyage. Devant ces paysages magnifiques (plage de sable fin, récifs de coraux pour les plongées et forte chaleur) vivent en effet des gens très simples qui ne sont pas du tout habitués aux touristes. Notre Backpack était ainsi aux milieux de villages de locaux et ces derniers venaient pêchés à marée basse entre les rochers et la plage.
Les conditions la bas sont superbes avec beau temps et une mer à 28°C. Nous avons passés des moments très agréables avec eux et surtout les enfants. J’ai ainsi appris à pêcher avec arc et flèche sur un récif. A marée basse, ces récifs sont en effet à fleur d’eau (60cm de profondeur) et le principe consiste à dénicher la foule de poissons (multitude de couleurs) qui se cachent sous les récifs. On s’approche doucement avec masque et tuba pour ne pas effrayer les poissons et on tire de sous l’eau. J’ai réussi à en dénicher 4 mais les enfants en chassent facilement 15 par jour. Nous avons également pu jouer avec eux et ils sont véritablement rafraichissants d’innocence. Un fait marquant est qu’ils ne savent pas nager. Un gamin s’était ainsi fait surprendre par la montée des eaux (très rapide) et nous avons dû aller le chercher sur le récif car il ne savait pas traverser jusqu’à la plage. Nous avons également pu partager des repas de poissons et de crabes fraichement pêchés avec les familles.
Bref des moments superbes et très loin de notre monde. La simplicité des échanges (la langue parlée au Mozambique est le portugais) et la joie de vivre constituèrent un vrai bonheur. Le plat typique consiste de poissons, riz, matapa (plante locale) et de coco. Autant vous dire qu’on s’est fait plaisir avec coco au petit-déjeuner tous les matins. En plus de cette vie faite de pêche et de soleil, j’ai pu faire de la plongée sur un des plus beaux sites mondiaux. Au menu des choses que je n’avais encore jamais vu : requin guitare, poisson crocodile, requin baleine, étoile de mer verte, langoustes d’une taille incroyable et surtout une murène si grande qu’elle ressemble à un vrai dragon des mers. J’en oublie et des meilleures même si le grand regret est que je n’ai pas vu de Raie Manta alors que c’est la grande attraction d’un des sites effectués.
Vous devez bien le sentir dans mon récit, ce voyage a été une coupure salutaire et m’a permis de me changer les idées dans un environnement nouveau. Nous sommes également allés sur une île au milieu du lagon où un groupe de personnes s’est retiré lors du début de la guerre civile. Ils ne sont pas du tout habitués à voir des blancs et il a été fascinant de voir comme les enfants touchaient nos cheveux et regardaient notre peau.
Nous sommes rentrés par Maputo, capitale du Mozambique, très bruyante et sale avec un front de mer occidentalisé et en opposition avec le reste de la ville. Pour les anecdotes, sachez qu’il ne faut pas hésiter à corrompre à tout va au Mozambique car on ne vous laisse tout simplement pas le choix. Nous avons ainsi été arrêtés pour excès de vitesse (68 km/h pour 60 autorisés) et le policier nous a proposé de soit régler l’affaire surplace ou de retourner à Maputo (à 500 km dans le sens contraire de là où nous nous rendions).
Bref, nous avons réglé l’affaire surplace et le policier a sorti son Blackberry pour nous montrer qu’il allait garder l’argent pour lui. La queue au Visa est également une affaire d’heures et de patience mais cela fait partie du voyage. Après tout ça, et malgré les émotions vécues, c’était un soulagement de retrouver le Cap où nous avons nos repères.
Hélas lors de la première douche, la porte vitrée de ma douche est sorti de ses gonds et a explosé par terre. Résultat du verre partout dans la salle de bains, des pieds et mains en sang et une véritable impression de scène de crime.
Je pourrais vous parler de ce cuisiner zimbabwéen, élève de patissier français qui veut ouvrir sa boulangerie à Tofo ou encore de la joie dans les yeux des enfants lorsqu’ils se voient sur l’appareil photo mais je pense que je ne pourrais pas m’arrêter de si tôt et il faut que ce post reste lisible. L’expérience fut incroyable et très rafraichissante car, aussi anodin et bêta que ça puisse sonner, on ne réalise vraiment pas le confort de nos vies en Europe. Je l’ai désormais un peu mieux saisi.
Bref, je vous raconterai tout ça dans le détail lors de mon retour qui s’approche tout doucement (c’est déjà la mi-parcours). C’est un mal pour un bien car il me tarde de retrouver Lea qui arrive mi avril. Je vous embrasse fort, Edwin
P.S privé : le mémoire, c’est comme la chute libre. Pendant la descente on pense qu’on va s’écraser et puis finalement ca se fait tout seul.
Illustration de Une : Jon Hanson
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