Ce weekend, Elo, Mat, le geek et moi avons mis les voiles pour un petit week-end de camping et de balades sur la Sunshine Coast. Nous avons embarqué dans une voiture de la co-op samedi aux petites heures du matin, direction Horseshoe Bay pour prendre notre ferry. Arrivée de bonne heure pour être certains de monter à bord, nous avons eu le temps d’aller déguster un “cinnamon roll” et une boisson chaude dans un petit bouiboui. À Horseshoe Bay, nous avons croisé Stéphanie qui s’en allait sur Vancouver Island, faire du surf avec son Canadien.
Après avoir failli perdre le geek au moment de monter à bord du ferry (il avait trouvé le moyen d’aller aux toilettes 2 minutes avant le départ), nous avons finalement atteint Langdale, sans encombres. La Sunshine Coast est en fait rattachée au reste du continent, mais avec les montagnes, les lacs et autres obstacles naturels, il faut prendre le bateau pour s’y rendre. La Sunshine Coast se divise ensuite en deux parties, la Malaspina Peninsula, plus au nord et plus sauvage et la Sechelt Peninsula, plus au sud, civilisée et mouchetée de jolies plages de galets et de bed and breakfast cosy. Tout le long de la côte on trouve des artistes et des artisans, des hippies, des vieux pêcheurs, des bûcherons à qui on ne la fait plus ou des mineurs en voie de reconversion.
En souvenir de mon premier road-trip en BC avec des copains, nous avons fait un arrêt souvenir à Robert’s Creek, la mecque des hippies et la capitale mondiale de la botte en caoutchouc. Le village était assez typique il y a 10 ans encore avec son café-librairie psychédélique, son mandala inspiré du calendrier maya et ses artistes illuminés. Aujourd’hui, le village a gardé son charme mais est nettement plus touristique,. Nous avons aperçu de belles villas sur le bord de mer et de nouvelles boutiques chics et un spa ont fait leur apparition. Nous avons tout de même pu manger quelques petits beignets indiens et avaler un smoothie bio au Gumboot café, plus petit et un peu moins psychédélique que dans mon souvenir. On y donne encore des concerts apparemment.
En routards que nous sommes, nous avons dédaigné les B&B avec vue sur mer et jacuzzi en terrasse pour le camping de Robert’s Creek. De là nous avons exploré les sentiers de randonnée dans la forêt environnante, dégusté du brie sur la plage de Sechelt et oublié un peu la ville et le boulot.
Le soir, nous nous sommes préparé un repas de gourmet au coin du feu. Au menu : des petites Saint Jacques à l’ail et au vin blanc, des pâtes fraîches et des steaks pour les carnivores...
Le lendemain, nous remballons nos tentes, nos popotes et nos sacs de couchage, direction Egmont, plus au nord. Sur la route, nous nous arrêtons pour admirer les jolis points de vue, piquer une tête dans la mer à Halfmoon Bay (mon premier bain de mer de l’année !), ou explorer Smuggler’s Cove, une belle balade entre forêt et falaises. A Smuggler’s cove, nous lézardons un peu au soleil, admirant les kayakistes et les voiliers qui se frayent un chemin dans les méandres rocheux.
En fin de journée nous atteignons finalement Egmont, où nous engloutissons un vrai repas dans un petit bar avec vue sur l’eau. Le défi de ce soir : trouver un camping correct dans le coin, isolé au bout du monde. Entre le camping sur le parking du bar (avec des prix exorbitants et pas de barbecue…) et celui, plus mignon mais au bord de la route de Strongwater, nous optons finalement pour un peu plus de route et nous rendons pour la nuit à Klein Lake. Là, les prix sont nettement plus raisonnables, le lac joli avec ses petits pontons, et nous avons de quoi nous faire un petit feu de camp sympa pour la nuit. Par contre, le coin est apparemment colonisé par des « rednecks »[1] en caravane et quads, bruyants et assez crados vu l’état de certains des emplacements de camping ! Ils vont passer leur soirée à faire des tours du camping en quad ! Seules les grenouilles ont réussi à faire autant de bruit !
Lundi matin, nous nous réveillons sous une pluie persistante et un ciel gris, Nous remballons rapidement notre matériel et optons pour un petit-déjeuner au West Coast Wilderness Lodge, à Egmont. Le lodge est un magnifique bâtiment tout en bois, avec une vue imprenable sur le détroit. Le petit déjeuner est consistant et les prix corrects. Le temps de déguster le repas et la vue et le ciel se dégage un peu.
Nous allons pouvoir aller faire notre balade pour admirer les Skookumchuck rapids, des tourbillons qui se forment au moment de la marée, lorsque l’eau s’engouffre dans Sechelt Inlet.
Ce que nous espérions voir...
Ce que nous avons effectivement vu
Le sentier de randonnée serpente dans une forêt dense et superbe, contourne un lac calme et aboutit sur les hauteurs. De là nous apercevons quelques phoques farceurs qui se laissent porter par les courants et profitons du calme serein de l’endroit. Difficile de se dire que demain nous retournons au boulot ! La balade nous aura en tout cas oxygéné, même si les rapides étaient un peu moins impressionnants que sur les images que nous avions vu. Il faudra sans doute revenir au moment des grandes marées…
Lorsque nous reprenons la route, la pluie se remet à tomber et c’est sous un déluge que nous arrivons finalement au terminal des ferries de Langdale, dans l’espoir d’attraper le ferry de 18h30. Nous ne pourrons pas monter dans celui-là mais sommes dans les premiers pour celui de 20h20… Ou du moins le croyons-nous jusqu’à ce que notre voiture refuse de démarrer au moment d’embarquer ! La mauvaise blague ! Il semblerait que notre batterie ait rendue l’âme. Nous voilà obligé de pousser la voiture sur le côté et de regarder notre ferry partir sans nous. Le personnel de BC ferries tente de recharger notre batterie avec un petit appareil, sans résultat. Nous appelons alors la co-op pour savoir ce que nous devons faire, appeler une dépanneuse et monter à pied sur le ferry ? Deux gentils passagers jettent un œil sur le moteur et nous prodiguent leurs conseils. Nos téléphones sont tous sur le point de ne plus avoir de batteries non plus et l’angoisse monte car Mat doit absolument rentrer à Vancouver pour prendre un avion de bonne heure le lendemain matin… Finalement, le gars de la co-op nous apprend que le petit système qui leur permet de traquer les voitures et de s’assurer que les membres respectent bien leurs réservations consomme beaucoup d’énergie. Le simple fait d’avoir écouté la radio pendant notre attente au terminal a sûrement épuisé la batterie, il faut la relancer avec un autre véhicule, le genre de boîtier employé par les gens de BC ferries n’étant pas assez puissant. Les gens de BC ferries n’ont pas le droit d’utiliser leurs véhicules pour cela et nous envoient un peu promener mais, là encore, la gentillesse des Canadiens va faire des miracles. Une passagère accepte de nous dépanner et nous branchons les câbles sur son véhicule sous l’œil vigilant des deux autres passagers qui nous assistent. La batterie va finalement se recharger au bout d’un quart d’heure et nous réussissons à monter à bord du dernier ferry qui quitte la Sunshine Coast à 22h10, plus de peur que de mal ! Par contre, si vous êtes à la co-op, un conseil, faites très attention à ne pas utiliser la radio ou le chauffage si vous êtes à l’arrêt !
Mis à part cette petite panne, nous avons tout de même bien profité des beautés de la Sunshine Coast et nous avons pu nous aérer la tête. Les prochains voyages ne sont prévus que pour l’été maintenant !
Les photos du trip sont là et là.
[1]Version Canadienne du beauf, generalement il roule en 4x4 puant, aime la country music, la chasse à l’ours et le tuning, mais c’est une definition encore trop simpliste !
Illustration de une : Jiaren Lau
Notez cet article
Lien permanent vers cet article
Mots-clés
Avion Voiture Semaine Monde une Cultures & découvertes Jeunes Couple Famille Séniors Prix moyens Circuits et excursions
















