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VENICE BEACH : POR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE
 « Venice Beach »…Surprise du nom, exubérance du lieu et de son histoire puisque c’est à l’image d’un parc à thème, qu’Abbott Kinney, maître dans l’industrie du tabac, imagine n 1904 cette ville d’inspiration vénitienne sur la côte sud californienne. Les arcades d’époque bordant la promenade, et les canaux de Marina Del Rey, furent restaurés suite aux dégâts occasionnés par deux tempêtes en 1983.

Jusqu’aux années trente, Venice ne cesse de se dégrader. L’auteur Raymon Chandler disait que « dans cette ville de débauche, seul le vice du jeu attire ».
Par désœuvrement financier, la cité de Venice se résout à s’unir à la cité des Anges. Peu après ce rattachement, on découvre l’or noir sous les terres de cette petite Italie. C’est la naissance de l’industrie touristique, le développement de l’immobilier, qui jusqu’aux années 60, marquent l’apogée vénitienne. Le « vice » devenu une règle fondamentale, la ville devient un terrain de jeu grandeur nature. Venice se nomme alors pour ses amoureux : « la bohème », berceau du rêve américain, où fleurissent musées, salles de bal, boutiques et autres restaurant gastronomiques.

Non loin de la politique économique qui rythme la vie de LA « downtown », la philosophie « power flower » dégage ici un parfum permanent d’originalité, à la suite de quoi des communautés excentriques « fleurissent » un peu partout ! Aujourd’hui ce faubourg de Santa Monica, étant devenu le rendez-vous ludique incontournable de la Californie du Sud, est considéré comme la cité balnéaire idéale, lieu de prédilection pour un farniente. Avec sa large plage de sable fin et une fun zone, qui compte plus d’une quinzaine d’attractions, Venice est devenue la destination jet set du « m’as-tu vu » ! De monstrueuses propriétés menacent la jetée depuis leur sombre colline.

Les esprits se métamorphosent, et cultes du beau et de la jeunesse prennent le dessus. L’empire du « voir et être vu » impose sont diktat au grand bonheur des délurés et de leurs curieux.

A l’extrémité de la 18ème avenue, la célèbre structure de « Muscle Beach » voit le jour gouvernée bien entendu par l’imposant Arnold Schwazenegger. On y observe des pin-ups s’extasiant devant ce sens de la démesure ! Sur des espaces qui leurs sont spécialement aménagés, basketteurs et skatters assouvissent leur soif de performances. Les danseurs de limbo et de capuera se déchaînent sur des rythmes endiablés, entraînant la foule dans leur réjouissance….
ALICE AU PAYS DU BAROQUE
« Venice Beach… » Ai-je rêvé ? Suis-je entrain de sombrer dans le délire ? Non, je me promène avec délectation.

Jongleurs de feu, charmeurs de serpents et artistes en tous genres, accompagnent mon euphorie. Je prends le temps d’admirer les pavés et les murs vêtus de mille couleurs. La fusion entre nature mortes, surréalisme, « cyber-futurisme » et graphs, aboutissent à ce mélange de genres et d’inspirations si singulier, tel un feu d’artifice pictural. Le long de la promenade, chaque étendue vierge est mère d’une création artistique. Je déambule dans cette atmosphère chaotique, et paradoxalement d’un féerisme déconcertant. Les décibels jaillissant des boutiques de « tatoo-piercing » présente tous les 20 mètres, forment un duo avec le chant des sirènes ensablées. Une petite escale ? Je m’échoue sur le terrasse d’un fast food àl’’enseigne est asiatique, le temps d’une portion de « french fries ». La serveuse m’apporte un biscuit de la chance avec l’adition. Je croque dans le biscuit plutôt sec et fade, triste cocon du destin : « tu découvres des merveilles là où les autres ne voient rien ». Méditant sur cette pensée, je m’immerge à nouveau dans ce tourbillon. Un marabout m’interrompt ; entre potions et aphrodisiaques, tarots et lignes de la main, je n’ai que l’embarras du choix ! Je fais emplette de quelques bâtons d’encens, supposés m’emplir de zenitude.

A quelques brasses un groupe de punk, cuir et crête multicolore au vent rire tels des gamins sur un manège de chevaux de bois. Ce tableau contrasté à l’extrême, m’apparaît telle une farce, mais semble relever du commun pour la majeure partie de la population vénitienne.

Une petite communauté hippie chic me convie à partager un banc. Nous échangeons quelques impressions sur l’extra-ordinaire endroit. Alors, j’entrevois ce que l’on nomme ici « idéal vénitien » : évoluer dans ce paradis de la « sub-culture », le temps d’un week-end , offre l’opportunité de jouir du « rêve américain » dans lequel les notions de normes et de repères sont inexistantes. Se donner en spectacle est ici le meilleur chemin vers la « marginalité normale ! ». Quelle démesure déroutante ! A seulement une poignée de miles de la cité des Anges, cet étalage de diversité s’affiche comme un centre expérimental du « melting pot », coexistence pittoresque entre les individus, les cultures, les inspirations et les époques.
Avec un vague à l’âme, l crépuscule fait tomber le rideau sur cette douce folie. Les profondeurs de l’océan engloutissent les rivages de Venice Beach, faisant de cette « Atlantide » le lieu propice aux gangs et à l’insécurité.

Ce lieu est si spectaculaire qu’il prend des allures de théâtre, coulisses comprises.

Quête d’identité ou d’exhibition ? Telle demeure l’ambigüité chez les « allumés » de Venice…mais qu’importe : « the show must go on !... »

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