Il est 9h, nous montons dans cette vieille camionnette russe increvable qui va nous permettre de parcourir le désert de Gobi. Gana, le chauffeur ne parle pas un mot d’anglais, mais son sourire nous suffit pour le suivre de Yourte en Yourte durant 7 jours.
Nous sommes 5 à partir à l’aventure, Fiona, Tony, Omri, Caroline et moi. C’est après une brève rencontre sur le quai de la gare, à la descente du train arrivant de Beijing, que nous décidons de faire route ensemble.
Nous voilà donc partis à l’aventure sur les pistes défoncées du Gobi. Apres de longues heures de conduites, nous découvrons les premiers paysages arides de ce désert. Ici tout n’est que sécheresse, poussière et paysages platoniques. Des kilomètres de vide entrecoupes par des nuages de poussières s’invitant sur notre route. Aucun signe de vie a des kilomètres, même pas une petite pousse erte qui viendrait rafraichir le tableau. Au loin les premières montagnes viennent casser la monotonie des lieux. Puis nous croisons plusieurs troupeaux de chèvres, moutons, chevaux et vaches, seuls courageux à hanter ce désert. Ils laissent généralement derrière eux les carcasses des plus vulnérables a la sortie de l’hiver. Les vautours tournoient dans le ciel et se régalent de leurs macabres découvertes.
Sinon concernant le trou, c’est grave docteur ?

Notre super camionette
Nous apprendrons par la suite, autour d’un bol de lait de chameau, que les mois d’avril et mai sont les plus difficiles pour les familles du Gobi. L’hiver a été rude, jusqu’a -40 degrés (parole de marseillais), les réserves de nourriture épuisées et pas une goutte d’eau n’a abreuvée la terre depuis des mois. Les pertes en bêtes sont quotidiennes et les désirs de pluies nourrissent les prières des familles. On nous explique qu’en été, ces grandes étendues de terre verdissent et les températures peuvent atteindre 40 degrés. C’est d’ailleurs cela qui pousse les nomades à se déplacer à chaque saison.
Les nomades changent de campement 4 fois dans l’année. Ils vivent au rythme des saisons. En hiver, ils choisiront une zone protégée, entre 2 montagnes pour parer au froid. Sous l’étouffante chaleur estivale, ils établiront leur camp dans une plaine rafraichie par le vent.
Chaque soir, après une longue journée à parcourir les pistes rocailleuses, nous atteignons un campement et nous installons dans une Yourte voisine à celle de notre famille d’accueil. La Yourte est plutôt confortable, mais loin d’être étanche. Autant dire que les nuits sont fraiches lorsque le poêle, au centre de l’habitation, s’éteint. C’est en fait une simple structure en bois recouverte d’une épaisse toile. Il y a généralement 81 barres qui la maintiennent, chiffre porte bonheur en Asie. Les nomades étaient capables de savoir l’heure précise simplement en regardant l’illumination des barres par le soleil. Une petite fenêtre est située au centre de la Yourte, a son sommet. L’entrée, quant a elle, se fait par une petite porte décorée, orientée vers le Sud (sinon malheur…). Elle permet aux voyageurs et nomades de s’orienter dans le désert lors de leur longs trajets.
Sortie de la Yourte

L’interieur, deco un peu kitsch c’est vrai
Apres quelques heures de repos, dans l’obscurité la plus fantastique et le silence le plus complet, nous nous préparons déjà pour une autre journée dans le van. Il est vrai que le Gobi est avant tout une grande étendue de terre, aux conditions climatiques extrêmes. Mais en cherchant, bien, au abords d’une vallée, au détour d’une montagne, se cachent des petits coins de paradis. Notre chauffeur connait bien les emplacements de ces joyaux. Nous avons explore grâce a lui une étroite et longue vallée de glace, de gigantesques dunes de sable ou encore de surprenantes formations granitiques. Le contrast des paysages est saisissant dans cette région a première vue monotone.

Ballade en chameau
Le soir venu, nous rejoignons une nouvelle famille et un nouveau campement qui nous réserve de nouvelles surprises. Qui vont être nos hôtes, y-a-t-il des troupeaux, auront nous droit a des bougies ? Les premiers à faire connaissance avec nous sont les enfants. Un sourire, une grimace et c’est parti pour une heure de cris et de fou rires. Plus tard dans la soirée, après un repas bien consistant (mouton et riz ou mouton et pates maison), c’est l’heure des activités autour d’un the. Nous avons pu jouer aux échecs, gouter des alcools a base de lait de chameau ou tout simplement joue au jeu des mimes, seul moyen pour bavarder. C’est a ce moment la que nous nous rendons compte de la difficulté de la vie nomade. Une famille venait de perdre son fils dans un accident de motos, d’autres n’avaient plus rien à manger après l’hiver ou venaient d’essuyer la perte de plusieurs bêtes.

Enfin, lors de notre avant dernière nuit sous ce ciel étoilé, j’ai propose a une famille de rester avec eux pour quelques jours, afin de les aider dans leurs taches quotidiennes. Immédiatement j’ai été soupçonne de vouloir passer un peu plus de temps auprès de leur fille de 19 ans Shinney. Heureusement que mes parents ne possèdent ni Yourte, ni betaille car ce sont les 2 choses qu’ils donnent a leur fils lorsqu’il se marie. Les parents de la mariée fournissent au couple les éléments nécessaire à la cuisine ainsi que literie et meubles. Ainsi les enfants peuvent quitter leurs foyers parentaux respectifs et fonder une famille a leur tour. Je ne m’imaginais pas trop m’installer dans le désert avec chèvres et moutons… il aurait fallu que j’apprenne quelques us et coutumes, du genre :
-
Ne pas passer entre les 2 piliers de la Yourte (ca porte malheur)
-
Ne pas passer au dessus de la nourriture (j’ai essaye ca, et ca a fait sensation, rappel a l’ordre immédiat)
-
Toujours placer ses invites dans la partie gauche de la Yourte
-
Jeter un bouchon de vodka en l’air a l’ouverture d’une bouteille (oui dans la Yourte)
-
Jeter du lait en l’air au départ d’invites pour leur souhaiter bonne route (a l’extérieur cette fois car sinon ca fermente sur la toile). On a même assiste a un baptême d’une nouvelle voiture… un peu de lait sur chaque roue !
-
Retrousser ses manches face a un mongols fait mal aux dents (vous lui faites signe que vous cherchez la baston)
Côtoyer les familles nomades dans le désert était une expérience extraordinaire et inoubliable, le retour dans la capitale Ulaanbaatar a été difficile, bien que la douche fut appréciée à sa juste valeur…
Yomad
Illustration de Une : magical-world
Notez cet article
Lien permanent vers cet article
Mots-clés
Avion Train Voiture Long séjour Semaine Monde une Cultures & découvertes Jeunes Couple Famille Séniors Prix moyens Haut de gamme Nature Circuits et excursions





