Ca n’était pas vraiment un voyage au sens où je l’entends habituellement, juste un saut de puce au pays de mon enfance, sans pour autant que ça soit "il mio paese" au sens italien du terme.
Venise, c’est une Italie fantasmée mais c’est surtout devenu, à mon avis, une ville désincarnée, comme vidée de sa vénitianité populaire, ... Une vraie ville de riche où tout coûte une fortune, même un espresso. Tout y ressemble trop aux livres et aux cartes postales, rien qui n’ait déjà été photographié, filmé ou écrit... Venise, romantique, plus tant que ça. On ne vient plus en amoureux mais plutôt en famille : papa-maman-nenfants. Trop de touristes et trop de Français aussi... J’ai peut-être trop de souvenirs d’une Italie seulement italienne et j’avais tellement besoin de la retrouver.
La Venise populaire n’existe plus qu’un tout petit peu dans Cannareggio, San Polo et le Ghetto.

Venise fut une belle désillusion pour moi.
Tout ce que j’avais rêvé, en lisant "l’amant sans domicile fixe", mais encore à travers quelques bandes dessinées d’Hugo Pratt, semblait s’être délavé dans les flots du Grand Canal. Toute cette magie, ces légendes fabuleuses, cette Histoire extraordinaire : Venise, la Sérénissime, porte de l’Orient, les Doges, Casanova, Goldoni...

Par contre, l’Homme, lui, a aimé. Les photos de l’album sont d’ailleurs de lui.

Illustration de Une : izarbeltza
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